Anne P. McConnell -- Saint Michael's College -- Department of Modern Languages

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FR200B -- ALC for BU319 (International Finance)

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Le Devoir, les samedi 21 et dimanche 22 octobre 1995

Le dollar perd 72 centièmes
La chute du huard fait suite à la publication
d’un sondage d’Angus Reid sur la question référendaire

[Cliquez sur les termes soulignés pour en trouver la définition.]

Frédéric Tremblay
Presse Canadienne

Emporté par la tourmente référendaire, le dollar canadien s’est effondré hier sur les marchés financiers, perdant 72 centièmes pour clôturer à 73,87 cents US.

La chute du dollar s’était amorcée jeudi après qu’un sondage Angus Reid eut accordé une légère avance au camp du OUI vue du référendum sur la souveraineté au Québec. Un autre sondage de la firme Léger et Léger, publié aujourd’hui dans le Journal de Montréal et le Globe and Mail, était attendu avec appréhension hier par les marchés financiers et a contribué au mouvement de délestage du dollar canadien, a expliqué Guy Phaneuf, cambiste à la Banque de Montréal. «Les marchés sont très nerveux», avance-t-il.

«La confiance des marchés est sans doute ébranlée par ce qui se passe au niveau des sondages», soumet de son côté, Benoît Durocher, économiste à la Banque Royale. «On a assisté à une vente massive d’actifs canadiens (libellés en devises canadiennes)», signale pour sa part Jérome Bernier, cambiste à la Banque Nationale. Depuis deux jours, la Banque du Canada a dû procéder à l’achat massif de devises canadiennes sur les marchés financiers afin d’essayer de ralentir la dégringolade de notre monnaie.

Si les sondages continuent de laisser entrevoir une victoire possible du Oui, on s’attend à ce que le dollar soit l’objet de beaucoup de volatilité la semaine prochaine. «On assistera sans doute à une volatilité assez soutenue de notre devise d’ici le

30 octobre», évalue André Sullivan , vice-président vente de produits de trésorerie à la Banque nationale de Paris.

La rapidité de la chute du dollar, explique M. Sullivan, s’explique en bonne partie par les ordres de vente prédéterminés, qui s’exécutent lorsque notre devise atteint certaines valeurs préétablies. Ces ordres de vente, qui sont exécutés automatiquement, créent un effet d’entraînement, accélérant la perte de valeur du dollar. Outre la question référendaire, M. Bernier, de la Banque Nationale, croit que la contreperformance du dollar américain face au mark allemand a pu aussi contribuer à la baisse du huard. Le dollar canadien est généralement pénalisé lorsque la devise américaine éprouve des difficultés face à certaines monnaies européennes et au yen.

Les taux d’intérêt sur les bons du trésor canadiens, trois mois, ont de leur côté poursuivi leur augmentation. A la clôture des marchés, ils portaient un intérêt de 6,69%, par rapport à 6,58% au début de la journée. Mardi, lorsque la Banque du Canada a fixé son taux d’escompte, les bons du trésor comportaient un taux d’intérêt de 6,42%.

La fièvre référendaire se fait aussi sentir sur les obligations canadiennes. Les titres comportant un terme de dix ans affichaient à la fin de la journée un taux t’intérêt de 7,82%, contre 7,71 au début de la journée.

L’écart avec les taux en vigueur sur les obligations américaines de même durée s’est ainsi élargi, passant de 171 à 178 points de base. Les obligations américaines de dix ans portaient hier soir un taux d’intérêt de 6,04%, contre 6% en début de journée.

 

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