Frédéric Tremblay
Presse Canadienne
Emporté par la
tourmente référendaire, le dollar canadien
sest effondré hier sur les marchés
financiers, perdant 72 centièmes pour clôturer
à 73,87 cents US.
La chute du dollar
sétait amorcée jeudi après quun
sondage Angus Reid eut accordé une légère
avance au camp du OUI vue du référendum sur la
souveraineté au Québec. Un autre sondage de la
firme Léger et Léger, publié aujourdhui
dans le Journal de Montréal et le Globe
and Mail, était attendu avec appréhension
hier par les marchés financiers et a contribué
au mouvement de délestage du dollar canadien, a expliqué Guy
Phaneuf, cambiste à la Banque de Montréal.
«Les marchés sont très nerveux», avance-t-il.
«La confiance des
marchés est sans doute ébranlée par ce qui se
passe au niveau des sondages», soumet de son
côté, Benoît Durocher, économiste à la
Banque Royale. «On a assisté à une vente
massive dactifs canadiens (libellés en devises canadiennes)», signale
pour sa part Jérome Bernier, cambiste à la
Banque Nationale. Depuis deux jours, la Banque du
Canada a dû procéder à lachat massif de
devises canadiennes sur les marchés financiers
afin dessayer de ralentir la dégringolade
de notre monnaie.
Si les sondages
continuent de laisser entrevoir une victoire
possible du Oui, on sattend à ce que le
dollar soit lobjet de beaucoup de
volatilité la semaine prochaine. «On assistera
sans doute à une volatilité assez soutenue de
notre devise dici le
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30 octobre», évalue André
Sullivan , vice-président vente de produits de
trésorerie à la Banque nationale de Paris. La rapidité de la chute du
dollar, explique M. Sullivan, sexplique en
bonne partie par les ordres de vente
prédéterminés, qui sexécutent lorsque
notre devise atteint certaines valeurs
préétablies. Ces ordres de vente, qui sont
exécutés automatiquement, créent un effet dentraînement, accélérant la perte de
valeur du dollar. Outre la question
référendaire, M. Bernier, de la Banque
Nationale, croit que la contreperformance du
dollar américain face au mark allemand a pu
aussi contribuer à la baisse du huard. Le dollar canadien est
généralement pénalisé lorsque la devise
américaine éprouve des difficultés face à
certaines monnaies européennes et au yen.
Les taux
dintérêt sur les bons du trésor canadiens, trois mois, ont
de leur côté poursuivi leur augmentation. A la
clôture des marchés, ils portaient un intérêt
de 6,69%, par rapport à 6,58% au début de la
journée. Mardi, lorsque la Banque du Canada a
fixé son taux descompte, les bons du trésor
comportaient un taux dintérêt de 6,42%.
La fièvre
référendaire se fait aussi sentir sur les obligations canadiennes. Les titres comportant
un terme de dix ans affichaient à la fin de la
journée un taux tintérêt de 7,82%,
contre 7,71 au début de la journée.
Lécart avec
les taux en vigueur sur les obligations
américaines de même durée sest ainsi
élargi, passant de 171 à 178 points de base.
Les obligations américaines de dix ans portaient
hier soir un taux dintérêt de 6,04%,
contre 6% en début de journée.
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